Swaziland – La dernière monarchie absolue d’Afrique

Le royaume du Swaziland est un petit pays enclavé par l’Afrique du sud et bordé par le Mozambique. Parfois appelé Ngwane, la région a toujours été peuplée depuis la préhistoire. Ces habitants actuels sont presque tous de l’ethnie Swazis, qui émigra au XIXème siècle  à la suite des migrations bantoues, et en particulier sous la pression des boers en guerre contre les zoulous.

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A la fin de la seconde guerre des boers en 1902 le Swaziland est une colonie britannique et le 6 septembre 1968, une fois l’indépendance obtenue,  le pays  devient une monarchie. Aujourd’hui le Swaziland est la dernière monarchie absolue d’Afrique; le  roi est populaire mais plus réputé pour ses extravagances et sa polygamie traditionnelle que pour sa politique sociale et ses mesures de développement.

Des 1 386 913 habitants, deux tiers  vivent sous le seuil de pauvreté tandis que 10%  détiennent 50% des richesses du pays. Production essentiellement agricole, le pays cultive la canne à sucre, le coton, le tabac, le riz et le maïs. Le secteur primaire emploie 80% des actifs et représente 16,4% du PNB tandis que les services constituent 40% de ce même PNB.

Le Swaziland est l’un des pays du monde où l’espérance de vie est la plus faible – aux alentours de 49 ans. Petit territoire de 17 200 km2, le royaume du Swaziland affiche le plus haut taux d’infection du VIH du monde – 26% des adultes de 15 à 49 ans sont séropositifs et de ce nombre, 59% sont des femmes. La violence faite aux femmes, et en particulier le viol, sont aussi la cause du fort taux de VIH dans la population féminime – Une fille sur trois serait victime de violence sexuelle dans son enfance. Et que penser de la remise en vigueur d’une vieille loi coloniale de 1889 interdisant les tenues indécentes  et rendant ainsi les femmes responsables des agressions et des viols qu’elles subissent ? Cette interdiction ne frappe pas cependant les costumes traditionnels que revêtent les jeunes filles comme lors de la célèbre fête des roseaux,  seins nus et supposées vierges. Les « heureuses élues » sont obligatoirement des princesses, issues des clans royaux au pouvoir diminués et fédérés à celui de Mswati III. Elles dansent devant le roi qui peut choisir l’une d’elles comme nouvelle épouse.

Le Swaziland est aussi la source et un lieu de traffic d’un grand nombre de femmes, de filles et de garçons capturés et vendus dans les pays voisins, tels le Mozambique et l’Afrique du sud, comme main-d’oeuvre ou esclaves sexuels.

Le Swaziland s’est doté en 2005 d’une Constitution qui devait rétablir la liberté d’expression.

 Dans les faits rien n’a évolué.

Le multipartisme, aboli en 1973 par Sobhuza II, le père de Mswati III le roi actuel, interdit toujours les partis. Chaque candidat se présente en son nom et  représente sa seule circonscription, sa candidature devant avoir eu le soutien de dix personnes pour l’élection locale et devenir le candidat de sa chefferie.  Le vainqueur est opposé aux autres candidats des autres chefferies au niveau régional, l’élu devenant ainsi député.

Si la liberté de la presse est inscrite dans la Constitution, critiquer le roi Mswati III n’est pas pour autant autorisé. En décembre 2014, le Time of Swaziland, quotidien indépendant, a été condamné pour 41 000 euros d’amende – le crime de lèse majesté remontait à l’année 2009 et concernait la remise en cause de la présidence du sénat. Dans un pays où le salaire excède difficilement 200 euros par mois, cette peine est une véritable mise à mort. Dire des insanités sur le roi ou manifester son mécontentement peut vous valoir une amende de 8 400€ et 10 ans de prison.

Le Swaziland véritable, celui vécu chaque jour par les opposants au régime ou par les plus démunis, est bien loin de l’image proposée aux voyageurs avides de folklores, plein de chants et de couleurs.

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Zululand ( le pays des zoulous)

Après avoir franchi le Cap de Bonne Espérance le navigateur portugais Vasco de Gama aperçoit, le 25 décembre de l’année 1497, une vaste baie encadrée de dunes boisées qu’il baptise Rio de Natal (la rivière de Noël).

Vers 1824 Shaka, le génie militaire zoulou, venait d’unir son peuple en un puissant royaume tandis que les premiers européens, des commerçants anglais s’établissaient dans la baie.

Le peuple zoulou vient de l’expression ama zoulou (le peuple du ciel). La patrie  d’origine des zoulous se situerait dans la région de la Tanzanie et quand ils s’installent dans cette région de vallées bien arrosées sur les flancs du Drakensberg, les Sans (ou Bochimans), y vivaient encore paisiblement de la cueillette et de la chasse depuis plus de mille ans : leur culture n’a laissé de leur passage que quelques peintures sous des surplombs rocheux ou dans des grottes.

En 1816, Shaka Zulu accède au trône du peuple Zoulou. Durant cette première année il conquiert les territoires voisins et son peuple sera prépondérant dans la domination du territoire. En 1825, l’empire de Shaka couvrira un large territoire de l’océan de l’Est aux montagnes Drakensberg à l’Ouest jusqu’à la rivière Pongola au Nord. Constamment en guerre la sécurité et la paix ne règneront jamais hors des frontières et dans le royaume. Les excès de la tyrannie de Shaka Zulu lui vaudra la révolte de son peuple et en 1828 son demi-frère Dinguante l’assassine, pour parvenir au trône.

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Le Zuzuland sera intégré au Natal en 1843 mais l’Empire britannique mit soixante ans pour imposer sa domination et en 1873 la bataille D’Isandhlawana sera un terrible revers : vingt milles zoulous, commandés par Wago Khoza, balaient six compagnies du 24e régiment d’infanterie britannique, un contingent de volontaires du Natal et des auxiliaires Basotho soit dix-sept mille hommes sous les ordres du colonel Durnford et du lieutenant-colonel Pulleine.

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L’empire zoulou s’éteindra six mois après cette victoire et le Zoulouland divisé en treize provinces autonomes. Cette désunification créera des conflits menant à une guerre civile : les divisions profiteront aux Boers qui s’approprieront les meilleures terres du Zululand. En mai 1887, le Zululand est annexé et les Boers possèdent alors un sixième du territoire. Avec la création de l’Union de l’Afrique du Sud le 31 mai 1910, et malgré leur titres, les chefs suprêmes du Zululand ne seront que des salariés du gouvernement blanc. Sous l’Apartheid, le Bantoustan du KwaZulu fut créé en 1970 et le 1er avril 1972,  il prend le nom de KwaZulu et acquiert l’autonomie le 1er février 1977. Il réintègrera l’Afrique du Sud le 27 avril 1994.

Contrairement à la côte sud, le littoral septentrional du Kwazulu-Natal a échappé au développement immobilier et conserve ses vastes espaces sauvages : la barrière de ballaste de Drakensberg (désormais inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’humanité), les rivières frangées de palmiers et les collines couvertes de forêts d’acacias,  les prairies pelées des Battlefields.  

C’est pour éviter l’extinction animalière que dès 1895 furent créés les réserves naturelles d’Hluhluwe et d’Imfolozi. En 1950 les animaux purent circuler librement sur une partie du territoire entre les deux espaces protégés, qui furent réunis en 1989.

Aujourd’hui que représente encore la culture zoulou ? L’éclatement de la cellule familiale – les hommes obligés de s’en aller pour rechercher du travail- et la polygamie, qui était naguère la règle est devenue l’exception : les conditions économiques ne permettent pas d’entretenir deux épouses. Cependant les traditions demeurent fortes et ceux qui sont restés à la terre ont conservé les coutumes traditionnelles. A chaque occasion les zoulous revêtent leurs parures traditionnelles faites de peaux d’animaux sauvages : les chefs ceignent leur taille d’une peau de léopard et se couronnent la tête de plumes pour célébrer par des danses et des chants l’histoire de leur peuple et l’épopée de Shaka, le fondateur du royaume, et les hauts faits guerriers passés dont ils sont si fiers.

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Cap Town, l’historique

Fondée en 1652 et baptisée en référence au Cap de Bonne Espérance situé à environ 50 km, la ville du Cap est considérée comme la cité mère de l’Afrique du sud.

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Quand le Capitaine Hollandais Jan van Riebeek débarque dans la baie de la  Table , ce qui n’est pas encore  la ville du  Cap, celle ci  est destinée à être la « Taverne de l’Océan ». La station de ravitaillement est établie sur le territoire des populations locales les Khois, qui la désignent sous le nom de « Camissa » et doit servir aux réapprovisionnements des bateaux naviguant sur l’itinéraire commercial indonésien.

Les relations entre les européens et les populations Khois se dégradent rapidement et les besoins de main d’oeuvre font, qu’à partir de 1654, des asiatiques originaires de la colonie de Batavia sont déportés au Cap. De religion musulmane, ils formeront une nouvelle communauté, celles des malais. Le premier navire d’esclaves noirs arrivera du Dahomey et d’Angola.

Entre 1673 et 1677 les clans khois divisés, et leurs chefs privés de leur autorité, la dégradation des structures sociales et la dispersion des familles seront les causes de la disparition des khois de la péninsule.

Après la révocation de l’édit de Nantes, des familles d’Huguenots françaises s’installèrent dans le  région du Cap de 1668 à 1691. A la différence des néerlandais qui étaient des fonctionnaires de la Compagnie, les Huguenots avaient fuit leur pays pour cause de religion et appartenaient pour la plupart à  la  bourgeoisie moyenne. Le voyage était gratuit mais les conditions strictes : pas de bagage et l’obligation de rester au Cap au moins 5 ans, délai au bout duquel le retour était permis mais payant. Les Huguenots avaient la promesse de recevoir en arrivant autant de terre qu’ils pouvaient en cultiver, entre 15 et 30 hectares ainsi que les outils nécessaires. Terre fertile mais sauvage, il fallait 3 ans pour la défricher mais les promesses d’aides et de matériel étaient loin d’être tenues. Les relations entre la gouvernance hollandaise se détériorèrent, la Compagnie souhaitant de « bons paysans hollandais », alors que les français tenaient à conserver leur langue et leurs traditions. En deux générations, vers 1730 la langue française avait disparu.

Aujourd’hui, 20% des afrikaners portent des noms français et les terres et domaines de la région du Cap ont gardé leur nom d’origine.

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L ‘Afrique du Sud est le 9ème pays producteur de vin au monde. Les Huguenots ont implanté la vigne puis les hollandais l’ont développée. 95% des vins sont produits dans les régions du Cap : Paarl, Stellenbosch, Walherbays et sont considérés comme les plus beaux vignobles dans le monde. Le mythique « vin de Constance » est devenu au 18ème siècle l’un des vins le plus réputé.

Au XVIIIe siècle, cosmopolite et multiraciale, le Cap se distingue par une population croissante de métis. Les femmes blanches disponibles et peu nombreuses, autorisent les mariages entre européens et esclaves affranchis ou des femmes originaires d’Asie car l’ordre économique est au centre des préoccupations. Cette période est aussi l’émergence de la langue afrikaans, un néerlandais modifié par des mots empruntés à plusieurs langues distinctes (le khoisan, l’arabe ou le malais).

Une première incursion des britanniques a lieu en 1795, plaçant Le Cap sous contrôle britannique. Il sera définitif en 1814 avec le « Congrès de Vienne ».

En 1910, la ville du Cap devient la capitale législative de la toute jeune Union sud africaine. En 1948, la victoire du parti national aux élections générales amène la mise en place de l’apartheid, c’est à dire une politique impliquant une ségrégation raciale institutionnelle. Les nombreux résidents issus  de lignées inter-raciales seront touchés.

A partir de 1976, les lois d’apartheid ne sont plus strictement appliquées sans trop éveiller l’attention du gouvernement de John Voster. Si Le Cap ne connait pas les grands bouleversements sociaux, à  la suite de la fin de la domination blanche, la ville sera parfois désignée comme « le dernier bastion des blancs sud africains », notamment par les habitants noirs,  dont certains  se perçoivent comme des citoyens de seconde classe.

Créée par les blancs, Le Cap ou Cap Town est la quintessence de l’histoire du pays. Derrière l’indéniable harmonie elle charrie son lot de contradictions et de désespérance.

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