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La fumée qui gronde

Les chutes Victoria sont l’une des plus spectaculaires du monde. Cataracte de 1700 mètres de large et d’une hauteur qui atteint par endroit jusqu’à 180 mètres,  le fleuve Zambèze large de plus de 2km , s’y engouffre dans une série de gorges  de basalte provoquant une brume irisée visible à 20km de distance. Les chutes sont situées à la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie.

Mosi-oa-Tunya, la « fumée qui gronde », David Livingstone fut le premier européen à l’observer en 1855. Les chutes font partie de deux parcs nationaux – le Mosi-oa-Tunya National Park en Zambie et le Victoria Falls National Park au Zimbabwe. L’une des principales destinations d’Afrique australe, elles sont inscrites au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Mais ce lieux exceptionnel ne doit pas cacher la situation du Zimbabwe. Pays jadis prospère et aujourd’hui  une dictature notoire, la réforme agraire a fait exproprier la plupart des propriétaires terriens blancs. Les terres données et morcelées, au profit du régime qui n’y connaissait rien, ont conduit, ce que l’on considérait comme le « grenier de l’Afrique », à avoir recours au programme alimentaire mondial. La présence et les investissements sont aujourd’hui principalement indiens et chinois mais ils ne suffisent pas face au conditions sanitaire dégradées, la pauvreté, le chômage et la faim.

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Le parc Kruger

Sa taille est comparable à Israël ou au pays de Galles. Le parc Kruger est la plus grande réserve animalière de l’Afrique du sud et l’un des emblèmes du pays. Long de 350 km et de 60 km de large, le parc est situé dans le nord-est du pays et l’est du Transvaal

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En 1896 , sous l’impulsion du président Paul Kruger, le parlement du Transvaal approuve le principe d’une petite réserve animale près de la rivière Sabie et en 1898 la Sabie Game Reserve est créée.

De 1902 à 1926 les aires de protections furent augmentées et les tribus, qui occupaient ses zones depuis la préhistoire, expulsées. En 1960  des étangs artificiels sont créés pour la faune. En 1991, avec la fin de l’apartheid, les clôtures qui délimitaient le parc des réserves privées qui le jouxtent, sont détruites pour favoriser la libre circulation de la faune. En 2003 des membres du South Africa National Parks Board déclarèrent publiquement leur souhait de le rebaptiser  du nom de Nelson Mandela, et  les bustes de Paul Kruger et de Stevenson Hamilton à l’intérieur du parc soient déboulonnées. A la suite des vives réactions suscitées dans la population afrikaners, la décision sera ajournée.

Venir au parc Kruger c’est aussi pour découvrir les big fives : lions, léopards, éléphants, buffles et rhinocéros.  Les pistes en parfait état,  garantissant le confort de conduite,  et les nombreux équipements à la disposition des touristes, peuvent faire oublier les règles de sécurité;  mais le risque est réel, comme l’attaque d’un éléphant mâle en décembre 2013, qui retourna et détruisit une voiture de tourisme, n’occasionnant, heureusement, que des dégât matériels.

Le parc Kruger peut contenir une population de 15 000 éléphants   sans que cela ne suscite trop de dommages.

Aussi controversé que la chasse aux phoques dans l’Arctique canadien, l’abattage des éléphants en Afrique du sud est interdit depuis 1995. Le parc comptait 8 000 éléphants  au début du moratoire; il en comptait 12 500 en 2008, et si la tendance se poursuit, la population pachyderme serait de 34 000 en 2020. En 2008,  il sera proposé de supprimer les frontières du parc avec les pays avoisinants afin que les gros pachydermes puissent circuler librement. D’abord réticents, les autorités du parc Kruger rejettent cette proposition, préférant la solution de l’abattage. Leurs détracteurs y voient alors des raisons mercantiles – le bénéfice de cet abattage permettant la commercialisation de l’ivoire pour leur propre compte, avec des bénéfices conséquents. Finalement la proposition de l’ouverture des frontières des zones du parcs sera adoptée, avec  la mise en place d’un programme de contraception et de vasectomie des pachydermes, l’abattage restant le dernier recours.

En 2014, les massacres des éléphants constatés en Afrique occidentale et au Mozambique pour le commerce de l’ivoire ne touchent pas encore le parc Kruger.

Cette même année,  l’Afrique du Sud a signé un accord pour « travailler à l’éradication du braconnage des rhinocéros »  et éviter que le pays ne serve au transit des cornes, avant de gagner les marchés asiatiques. Des moyens militaires ont été déployés pour tenter de dissuader les braconniers dont le nombre double chaque année. Depuis le début de l’année 2014, se sont 408 rhinocéros qui ont été tués dans le parc. Face à cette situation, il a été décidé de déplacer les populations de rhinocéros blancs dans des régions plus sûres du parc Kruger qui contient 80% de la population mondiale de rhinocéros.

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Swaziland – La dernière monarchie absolue d’Afrique

Le royaume du Swaziland est un petit pays enclavé par l’Afrique du sud et bordé par le Mozambique. Parfois appelé Ngwane, la région a toujours été peuplée depuis la préhistoire. Ces habitants actuels sont presque tous de l’ethnie Swazis, qui émigra au XIXème siècle  à la suite des migrations bantoues, et en particulier sous la pression des boers en guerre contre les zoulous.

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A la fin de la seconde guerre des boers en 1902 le Swaziland est une colonie britannique et le 6 septembre 1968, une fois l’indépendance obtenue,  le pays  devient une monarchie. Aujourd’hui le Swaziland est la dernière monarchie absolue d’Afrique; le  roi est populaire mais plus réputé pour ses extravagances et sa polygamie traditionnelle que pour sa politique sociale et ses mesures de développement.

Des 1 386 913 habitants, deux tiers  vivent sous le seuil de pauvreté tandis que 10%  détiennent 50% des richesses du pays. Production essentiellement agricole, le pays cultive la canne à sucre, le coton, le tabac, le riz et le maïs. Le secteur primaire emploie 80% des actifs et représente 16,4% du PNB tandis que les services constituent 40% de ce même PNB.

Le Swaziland est l’un des pays du monde où l’espérance de vie est la plus faible – aux alentours de 49 ans. Petit territoire de 17 200 km2, le royaume du Swaziland affiche le plus haut taux d’infection du VIH du monde – 26% des adultes de 15 à 49 ans sont séropositifs et de ce nombre, 59% sont des femmes. La violence faite aux femmes, et en particulier le viol, sont aussi la cause du fort taux de VIH dans la population féminime – Une fille sur trois serait victime de violence sexuelle dans son enfance. Et que penser de la remise en vigueur d’une vieille loi coloniale de 1889 interdisant les tenues indécentes  et rendant ainsi les femmes responsables des agressions et des viols qu’elles subissent ? Cette interdiction ne frappe pas cependant les costumes traditionnels que revêtent les jeunes filles comme lors de la célèbre fête des roseaux,  seins nus et supposées vierges. Les « heureuses élues » sont obligatoirement des princesses, issues des clans royaux au pouvoir diminués et fédérés à celui de Mswati III. Elles dansent devant le roi qui peut choisir l’une d’elles comme nouvelle épouse.

Le Swaziland est aussi la source et un lieu de traffic d’un grand nombre de femmes, de filles et de garçons capturés et vendus dans les pays voisins, tels le Mozambique et l’Afrique du sud, comme main-d’oeuvre ou esclaves sexuels.

Le Swaziland s’est doté en 2005 d’une Constitution qui devait rétablir la liberté d’expression.

 Dans les faits rien n’a évolué.

Le multipartisme, aboli en 1973 par Sobhuza II, le père de Mswati III le roi actuel, interdit toujours les partis. Chaque candidat se présente en son nom et  représente sa seule circonscription, sa candidature devant avoir eu le soutien de dix personnes pour l’élection locale et devenir le candidat de sa chefferie.  Le vainqueur est opposé aux autres candidats des autres chefferies au niveau régional, l’élu devenant ainsi député.

Si la liberté de la presse est inscrite dans la Constitution, critiquer le roi Mswati III n’est pas pour autant autorisé. En décembre 2014, le Time of Swaziland, quotidien indépendant, a été condamné pour 41 000 euros d’amende – le crime de lèse majesté remontait à l’année 2009 et concernait la remise en cause de la présidence du sénat. Dans un pays où le salaire excède difficilement 200 euros par mois, cette peine est une véritable mise à mort. Dire des insanités sur le roi ou manifester son mécontentement peut vous valoir une amende de 8 400€ et 10 ans de prison.

Le Swaziland véritable, celui vécu chaque jour par les opposants au régime ou par les plus démunis, est bien loin de l’image proposée aux voyageurs avides de folklores, plein de chants et de couleurs.

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