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C’est aussi la liberté

On ne peut jamais comprendre l’histoire d’un individu à partir de lui-même, mais comme le produit de l’Histoire de l’ensemble de la société dans laquelle il évolue. Il doit pouvoir y acquérir la connaissance et l’expérience qui lui permettent d’analyser et de juger les résultats de toutes ses actions.

La connaissance est une activité satisfaisant d’abord un pur désir : une construction élaborée par l’intelligence à partir de matériaux sensibles. Mais il faut distinguer une connaissance sensible, peut-être plus primitive, celle qui nous révèle les formes, les odeurs, des saveurs, des températures, des sons, etc. et la connaissance intellectuelle par laquelle nous formons des idées ou des concepts qui nous permettent de comprendre, et dans une certaine mesure de saisir, l’essence, la nature, l’être. L’homme dispose ainsi de deux fonctions de représentation et de compréhension de son environnement : la connaissance scientifique, explicative et pratique mais limitée par les lois physiques, et la connaissance métaphysique ni déductive ni empirique mais abstraite, émotionnelle, individuelle, un savoir par concepts qui serait une recherche des intérêts théoriques les plus hauts de la raison.La conscience joue un rôle constitutif dans la connaissance mais cette conscience nous appartient-elle totalement puisque nous ne sommes que le résultat des effets conjugués du groupe familiale, d’une ou de plusieurs cultures, du groupe sociétal etc.

D’une conscience spontanée, celle qui nous fait découvrir notre environnement immédiat, nous acquérons la conscience réfléchie celle qui est la capacité par l’effort et l’attention d’analyser nos actions ou nos pensées et par conséquent de juger. L’existence implique une prise de conscience et fait que l’homme s’affirme comme sujet à partir de son environnement mais également comme composant d’une conscience collective : un ensemble de représentations et de sentiments partagés par les membres d’une société donnée.

Comprendre que  le visible n’est qu’un reflet de l’ invisible, comprendre que la Vérité, si elle se découvre très lentement et par d’incessants efforts, c’est la liberté que nous conquérons. Renier sa liberté, c’est renier son existence, c’est condamner son avenir. La liberté n’est pas un dogme mais une conscience.

Qui se connaît, connaît aussi les autres  car chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition (Montaigne, essais). Ce  connais-toi toi-même  exprime la réalité de la conscience personnelle, le principe de la personne morale, notre identité et notre jugement de valeur sur ce que nous faisons. La conscience de soi c’est aussi prendre en compte la dimension de l’autre : prendre conscience par la reconnaissance d’une autre conscience. Ainsi sous le regard de l’autre, j’acquière une dimension morale. Mais trop souvent le “ moi ”, au lieu de s’ouvrir à autrui se présente comme un obstacle.

Notre relation avec l’autre commande le climat social dans lequel nous vivons et il ne servirait à rien de modifier les structures de notre société  si nous ne changeons pas le regard que nous portons sur autrui. Qui est-il, un autre que je m’efforce de tolérer, mon semblable que je suis disposé à aimer ? Autrui, c’est l’autre, celui qui n’est pas moi. L’avons nous accepté, reconnu ou bien toléré  par confort ? Mais mon prochain  je le vois comme mon semblable, soumis aux même épreuves, capable comme moi de penser, de désirer, de souffrir. L’idée du prochain enrichi le contenu de notre idée de l’homme et de la femme, de notre instinct de la liberté sans dogme de toute nature puisqu’elle relève du partage et de la  bienveillance réciproque.