Archives par mot-clé : travel

Related Media: travel

Au bout de monde, Ushuaïa

Découverte en 1560, la Tierra del Fuego, la « Terre de Feu », est la fin du continent sud américain où le détroit de Drake est la jonction entre l’Atlantique et le Pacifique.  Au loin, à seulement 1000 kilomètres, le continent Antarctique.

La « Terre de Feu évoque des distances infinies, les éléments déchaînés et l’isolement absolu. L’archipel fuégien appartient à la zone sub-antarctique et son climat frais est soumis aux vents dominants d’ouest qui soufflent du Pacifique sud.

Le plus ancien peuplement connu date de 11 800 ans à la fin de la dernière période glacière.  Lorsque les européens débarquent en 1860, quatre tribus, soit 10 00 personnes, peuplent la région : les Onas chassent le guanaco, les Haush préfèrent le phoque, les Yagán et les Alakaluf chassent et pêchent en canoë parmi les îles. Décimés par les maladies foudroyantes transmises par les colons, elles ont pourtant  laissé une population métissée importante.

_dsc4742-1 _dsc4743-1

Le Chili et l’Argentine se partagent l’archipel de la Tierra del Fuego. La zone argentine fait partie de la Provincia del Fuego Antártida e isla del Atlantico Sur et Ushuaïa en est la capitale. Ushuaïa est la ville la plus australe de la planète. Au pied des pics acérés du Monte Olivia et des Cinco Hermanos (les 5 frères), et sur les bords du canal de Beagles, large bras de mer qui relie l’Atlantique au Pacifique, elle fait face aux grandes îles chiliennes de Navarino et de Hoste.

Au  XXème siècle, la ville s’est développée autour de sa prison pour les criminels  « les plus dangereux « car il était pratiquement impossible de s’échapper de cet environnement si isolé.

ush-620x413

Base navale, point de départ des grandes expéditions pour l’Antarctique, ville administrative, depuis 1960 l’industrie touristique a contribué à son essor.  Comme toutes les villes champignons récentes, Ushuaïa s’est développé de façon anarchique sans ordre et dans la précipitation. Les rues pentues et inégalement asphaltées, les embouteillages, les maisons faites de bric et de broc au toit en tôle ondulée, les immeubles en cours de construction  ou non terminés mais dont les rez-de chaussée sont déjà ouverts aux activités commerciales et financières, Ushuaïa, dont le nom fait rêver, est totalement défigurée et pervertie par l’affairisme commerciale et touristique.

Pourtant, en quittant le centre pour rejoindre le port ou visiter les quartiers autour de son ancienne prison, on retrouve la sensation de bout du monde car ce qui est excitant en soi,  c’est le fait d’être au bout du monde. Aussi pour attester que vous avez mis les pieds au bout du monde, rendez- vous à l’office de tourisme au niveau du port pour y faire apposer l’un des tampons locaux sur votre passeport.

Mail : thevenet1@mac.com

Cap Town, l’historique

Fondée en 1652 et baptisée en référence au Cap de Bonne Espérance situé à environ 50 km, la ville du Cap est considérée comme la cité mère de l’Afrique du sud.

_DSC0730 1

Quand le Capitaine Hollandais Jan van Riebeek débarque dans la baie de la  Table , ce qui n’est pas encore  la ville du  Cap, celle ci  est destinée à être la « Taverne de l’Océan ». La station de ravitaillement est établie sur le territoire des populations locales les Khois, qui la désignent sous le nom de « Camissa » et doit servir aux réapprovisionnements des bateaux naviguant sur l’itinéraire commercial indonésien.

Les relations entre les européens et les populations Khois se dégradent rapidement et les besoins de main d’oeuvre font, qu’à partir de 1654, des asiatiques originaires de la colonie de Batavia sont déportés au Cap. De religion musulmane, ils formeront une nouvelle communauté, celles des malais. Le premier navire d’esclaves noirs arrivera du Dahomey et d’Angola.

Entre 1673 et 1677 les clans khois divisés, et leurs chefs privés de leur autorité, la dégradation des structures sociales et la dispersion des familles seront les causes de la disparition des khois de la péninsule.

Après la révocation de l’édit de Nantes, des familles d’Huguenots françaises s’installèrent dans le  région du Cap de 1668 à 1691. A la différence des néerlandais qui étaient des fonctionnaires de la Compagnie, les Huguenots avaient fuit leur pays pour cause de religion et appartenaient pour la plupart à  la  bourgeoisie moyenne. Le voyage était gratuit mais les conditions strictes : pas de bagage et l’obligation de rester au Cap au moins 5 ans, délai au bout duquel le retour était permis mais payant. Les Huguenots avaient la promesse de recevoir en arrivant autant de terre qu’ils pouvaient en cultiver, entre 15 et 30 hectares ainsi que les outils nécessaires. Terre fertile mais sauvage, il fallait 3 ans pour la défricher mais les promesses d’aides et de matériel étaient loin d’être tenues. Les relations entre la gouvernance hollandaise se détériorèrent, la Compagnie souhaitant de « bons paysans hollandais », alors que les français tenaient à conserver leur langue et leurs traditions. En deux générations, vers 1730 la langue française avait disparu.

Aujourd’hui, 20% des afrikaners portent des noms français et les terres et domaines de la région du Cap ont gardé leur nom d’origine.

_DSC4583

L ‘Afrique du Sud est le 9ème pays producteur de vin au monde. Les Huguenots ont implanté la vigne puis les hollandais l’ont développée. 95% des vins sont produits dans les régions du Cap : Paarl, Stellenbosch, Walherbays et sont considérés comme les plus beaux vignobles dans le monde. Le mythique « vin de Constance » est devenu au 18ème siècle l’un des vins le plus réputé.

Au XVIIIe siècle, cosmopolite et multiraciale, le Cap se distingue par une population croissante de métis. Les femmes blanches disponibles et peu nombreuses, autorisent les mariages entre européens et esclaves affranchis ou des femmes originaires d’Asie car l’ordre économique est au centre des préoccupations. Cette période est aussi l’émergence de la langue afrikaans, un néerlandais modifié par des mots empruntés à plusieurs langues distinctes (le khoisan, l’arabe ou le malais).

Une première incursion des britanniques a lieu en 1795, plaçant Le Cap sous contrôle britannique. Il sera définitif en 1814 avec le « Congrès de Vienne ».

En 1910, la ville du Cap devient la capitale législative de la toute jeune Union sud africaine. En 1948, la victoire du parti national aux élections générales amène la mise en place de l’apartheid, c’est à dire une politique impliquant une ségrégation raciale institutionnelle. Les nombreux résidents issus  de lignées inter-raciales seront touchés.

A partir de 1976, les lois d’apartheid ne sont plus strictement appliquées sans trop éveiller l’attention du gouvernement de John Voster. Si Le Cap ne connait pas les grands bouleversements sociaux, à  la suite de la fin de la domination blanche, la ville sera parfois désignée comme « le dernier bastion des blancs sud africains », notamment par les habitants noirs,  dont certains  se perçoivent comme des citoyens de seconde classe.

Créée par les blancs, Le Cap ou Cap Town est la quintessence de l’histoire du pays. Derrière l’indéniable harmonie elle charrie son lot de contradictions et de désespérance.

contact mail : thevenet1@mac.com  – Portable : (33) 06 78 96 15 21

 

 

 

 

 

 

Dresde, « La Florence de l’Elbe »

Capitale de la Saxe, Dresde est la quatrième ville de l’Allemagne, derrière Berlin, Hambourg et Cologne. Village de pêcheurs en 1206, la ville se développa au début du XVIIème siècle.

Souvent ravagée par les guerres : la guerre de Sept Ans, la bataille de Dresde avec Napoléon 1er, elle fut détruite à plus de 60% à la fin de la seconde guerre mondiale sous les bombardements alliés, du 13 au 15 février 1945.

Tombée dans l’escarcelle soviétique à la fin de la Seconde guerre mondiale, comme beaucoup de villes de la République Démocratique Allemande, durant 45 ans ses trésors architecturaux seront laissés à l’abandon pour de hideux immeubles d’habitations rectangulaires et des grandes avenues servant aux manifestations de masse. La « Florence de l’Elbe » n’en avait plus que le nom.

La reconstruction de Dresde a été très lente, compte-tenu de la réticence des hiérarques du régime à ressusciter les splendeurs du passé : ils voulaient gommer tout souvenir des gloires d’antan et fonder une ville « socialiste ». Après  la chute de la dictature communiste en Allemagne en 1989,  la reconstruction prit toute son ampleur à partir de 1990 à l’initiative musicien dresdois Ludwig Güttler.

La reconstruction de la Frauenkirche  est un des beaux exemples. L’église est rebâtie à l’identique  sous le patronage de l’État de Saxe et de l’Église protestante. Une fois le déblayage des gravats achevé, la première pierre du nouvel édifice est posée le 27 mai 1994. Toutes les pièces encore existantes furent  soigneusement répertoriées grâce à l’informatique,  et celles  irrémédiablement détruites reconstruites  à l’identique, notamment les cloches et la croix dorée surplombant l’église. Cette croix a été financée par des crédits britanniques, en signe de réconciliation.  À l’intérieur de l’église, en 1996, la voûte de la crypte est reconstruite. Les travaux d’assemblage se poursuivent jusqu’en 2002 et la reconstruction totale est achevée à l’automne 2005.

Contact mail : thevenet1@mac.com – Portable : (33) 06 78 96 15 21

La fièvre de l’or

La piste de Chilkoot pass, White pass, le Klondike, Jack London, autant de noms et de drames qui sont rattachés à la fièvre de l’or. Le mythe romantique d’une vie d’aventure est encore présent dans ces paysages grandioses.

La ville d’ Atlin a été l’une des  plus riches de la ruée vers l’or du Klondike. Considérée comme la dernière grande ruée de la Colombie-Britannique, deux mineurs, Fritz Miller et Kenneth MacLaren, découvrent la première pépite dans la rivière  Pine Creek en 1898. Rapidement,  plus de 5000 candidats occuperont la région dont beaucoup d’entre eux, mineurs fatigués et découragés par les difficultés pour atteindre Dawson City au Yukon.

En 1899, Atlin était en plein essor. Important centre minier  de la région, il fut aussi l’un des points de conflit de frontière avec l’Alaska.

La compagnie Placer poursuit l’exploitation minière le long des tributaires du lac Atlin et les mines d’or de la région représentent encore aujourd’hui une valeur de production dépassant les  $ 23,000,000. La petite ville  d’Atlin garde et protège son unique histoire : les maisons, précieusement conservées, les restes d’ exploitations abandonnées, les victimes de cette fièvre de l’or dans le vieux cimetière, le bateau à aubes le « Tarahne » qui veille tel un phare sur les berges du lac.

La ruée vers l’or du Klondike a transformé le visage du Nord du Canada. Des confins peu connus sont devenus des terres d’avenir, de la Colombie Britannique jusqu’au nord du Yukon; mais cette exploitation des sols a laissé, et laisse encore, des blessures profondes :  rivières détournées et leur lit exhibé en vastes tas de gravats, forêts entaillées, sols fragilisés et empoisonnés par le cyanure utilisé pour son extraction.

Contact mail : thevenet1@mac.com – Portable : (33) 06 78 96 15 21