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Des femmes d’Iran

Ardvi Sura est décrite comme une jolie femme au corps ferme et élancé. Les Anciens la considérait comme la somme de vie et le symbole de la prépondérance du rôle féminin dans la société. Elle était la déesse de l’eau, de l’abondance, de la fertilité et l’union de l’amour et de la maternité.

Dans l’Iran contemporaine, dépossédée de son corps ou de ses émotions dans les arts et la littérature islamique, la femme iranienne est désormais déterminée à reconquérir avec courage son identité sociale et politique.

Il faut découvrir l’Iran

De retour d’Iran, où beaucoup de photos ont été prises et que j’aurai l’occasion de faire découvrir, on peut se poser la question : mais pourquoi est-il allé là bas ?
Et bien justement il faut aller là-bas. Certes, l’embargo de plus de 30 ans, l’accès aux touristes interdits pendant 15 ans ont bien terni l’image du pays. Mais après plus de deux semaines sur les lieux, ma vision du pays, hors des filtres des médias et autres est tout à faite différente, plus éclairée.
Oui, les autorités ne voient pas d’un bon oeil l’arrivée des étrangers occidentaux, mais la population vous accueille avec chaleur et recherche l’échange : conversations, photos etc….
Oui, les villes sont étouffées par la circulation, les constructions en dépit du bon sens et la notion de ville propre n’est pas encore d’actualité. Mais tout cela semble changer et des plans d’urbanisations sont dorénavant en place.
Oui, toutes les femmes portent le foulard et cela est exigé aux femmes occidentales, malgré la désapprobation et les excuses de beaucoup de jeunes iraniens; le visage n’est pas caché et les iraniennes le portent très en arrière pour dégager au maximum leur coiffure.
Oui, la police est très présente et chaque sortie des régions et des villes est un passage obligatoire par le poste des forces de l’ordre, pour la vérification de la feuille de route du chauffeur de votre car. Par contre, votre sécurité est totale et bien des iraniens étaient consternés par la violence qui sévit en France.
Alors si le voyage, quelque peu fatigant, ne vous fait pas peur, vous verrez des architectures incroyables comme à Ispahan ou Persépolis; vous déambulerez dans les bazars comme celui de Shiraz, pour découvrir les superbes miniatures, l’art du cuivre émaillé ou les merveilleux tapis persans…..
Le tourisme de masse n’est pas encore pour demain aussi l’artisanat qui est proposé est d’une superbe qualité.
Pour finir, vous vous plongerez dans une histoire plusieurs fois millénaire des frontières de la Turquie et de l’Irak au golf persique, jusqu’au Rajasthan du nord de l’Inde chez les seigneurs Rajputs

 

Au bout de monde, Ushuaïa

Découverte en 1560, la Tierra del Fuego, la « Terre de Feu », est la fin du continent sud américain où le détroit de Drake est la jonction entre l’Atlantique et le Pacifique.  Au loin, à seulement 1000 kilomètres, le continent Antarctique.

La « Terre de Feu évoque des distances infinies, les éléments déchaînés et l’isolement absolu. L’archipel fuégien appartient à la zone sub-antarctique et son climat frais est soumis aux vents dominants d’ouest qui soufflent du Pacifique sud.

Le plus ancien peuplement connu date de 11 800 ans à la fin de la dernière période glacière.  Lorsque les européens débarquent en 1860, quatre tribus, soit 10 00 personnes, peuplent la région : les Onas chassent le guanaco, les Haush préfèrent le phoque, les Yagán et les Alakaluf chassent et pêchent en canoë parmi les îles. Décimés par les maladies foudroyantes transmises par les colons, elles ont pourtant  laissé une population métissée importante.

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Le Chili et l’Argentine se partagent l’archipel de la Tierra del Fuego. La zone argentine fait partie de la Provincia del Fuego Antártida e isla del Atlantico Sur et Ushuaïa en est la capitale. Ushuaïa est la ville la plus australe de la planète. Au pied des pics acérés du Monte Olivia et des Cinco Hermanos (les 5 frères), et sur les bords du canal de Beagles, large bras de mer qui relie l’Atlantique au Pacifique, elle fait face aux grandes îles chiliennes de Navarino et de Hoste.

Au  XXème siècle, la ville s’est développée autour de sa prison pour les criminels  « les plus dangereux « car il était pratiquement impossible de s’échapper de cet environnement si isolé.

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Base navale, point de départ des grandes expéditions pour l’Antarctique, ville administrative, depuis 1960 l’industrie touristique a contribué à son essor.  Comme toutes les villes champignons récentes, Ushuaïa s’est développé de façon anarchique sans ordre et dans la précipitation. Les rues pentues et inégalement asphaltées, les embouteillages, les maisons faites de bric et de broc au toit en tôle ondulée, les immeubles en cours de construction  ou non terminés mais dont les rez-de chaussée sont déjà ouverts aux activités commerciales et financières, Ushuaïa, dont le nom fait rêver, est totalement défigurée et pervertie par l’affairisme commerciale et touristique.

Pourtant, en quittant le centre pour rejoindre le port ou visiter les quartiers autour de son ancienne prison, on retrouve la sensation de bout du monde car ce qui est excitant en soi,  c’est le fait d’être au bout du monde. Aussi pour attester que vous avez mis les pieds au bout du monde, rendez- vous à l’office de tourisme au niveau du port pour y faire apposer l’un des tampons locaux sur votre passeport.

Mail : thevenet1@mac.com

Pour un air de Buenos Aires

Ville tentaculaire, cosmopolite et le coeur culturel et institutionnel de toute une nation, Buenos Aires a la splendeur passée d’une époque où l’Argentine comptait parmi les puissances les plus riches du monde.

La première localité Nuestra Señora de Santa Maria del Buen Ayrede est établie en 1536 à l’embouchure du Rio Plata par Pedro de Mendoza qui recherchait de l’or pour une aventure financée personnellement. Lors d’une précédente expédition en 1516, l’espagnol Juan Díaz de Solís avait découvert le delta, périple où il devait périr lors d’une attaque des indiens amérindiens.  Rapidement abandonnée après cinq années éprouvantes, c’est en 1586 que l’hispano amérindien Juan de Garay établit le long de l’estuaire une colonie permanente fortifiée. Buenos Aires sera la dernière métropole fondée en Amérique latine.

Cité la plus australe d’Amérique, pendant des siècles les conditions de vie des portègnes (habitants de la ville) seront difficiles, rien ne permettant de maintenir le style de vie européen. A l’écart des routes commerciales traditionnelles, le roi d’Espagne interdit en 1554 tout transit, par le Rio de la Plata, de produits européens et de métaux précieux provenant de Potosi et de Lima, privilégiant ainsi les ports de la côte Pacifique.  Anglais, Portugais et Français exploiteront le peu d’intérêt des espagnols pour ce fleuve. Buenos Aires, marginalisée,  vivra de la contrebande du cuir (obtenu par le massacre des bovins qui vivaient à l’état sauvage dans les prairies alentour), du saindoux et de l’argent extrait des mines du Nord. Ce seront les seules véritables ressources du pays  jusqu’au XVIIIe siècle.

Du statut de bourgade coloniale à celui de puissance régionale, Buenos Aires commence à le franchir en 1776 quand l’Espagne la choisit pour capitale de la nouvelle vice-royauté du Rio de la Plata. La classe marchande exprimera de plus en plus son désir d’autonomie et Le 25 mai 1810, Buenos Aires acquit son indépendance. Le jour de la Révolution de Mai est devenu une célébration nationale mais l’indépendance fut toutefois déclarée formellement en 1816.

Ville d’immigrant, l’activité économique dans les années 1880 se concentre sur la rive sud de la ville grâce à son port et ses industries de la viande. A la fin du XIXe siècle, Buenos Aires accroît sa puissance industrielle avec la construction de chemins de fer et au début du XXe siècle, les exportateurs de produits agricoles génèrent d’immense fortunes : les Portenos parvenus bâtissent de splendides maisons à la française. Buenos Aires devient une métropole multiculturelle rivalisant avec les plus grandes capitales européennes. Durant cette période seront construites les grandes avenues et les plus grands buildings d’Amérique du sud. Ville culturelle, le théâtre Colón sera l’un des opéras les plus fréquentés du monde et l’impressionnant café-théâtre inauguré en 1919, le Gran Splendide, appelé de nos jours El Alteneo,  verra Zorzal et Carlos Gardel chanter et enregistrer leurs premiers disques de tango. Aujourd’hui, temple du livre de l’audio et de la video, El Alteneo, sur l’Avenue Santa Fe, a quasiment conservé la physionomie d’origine pour offrir des dizaines de rangées de livres et des canapés, sur lesquels les visiteurs sont plongés dans leur lecture, sous les majestueuses moulures et l’impressionnante fresque au plafond. Librairie énigmatique, ou même mystérieuse, ce lieu plein de symboles, offre une véritable vision d’un mariage inattendu entre le moderne et l’ancien.

En 1910, la capitale, dénommée le « Petit Paris d’Amérique du sud » compte 1,3 millions d’habitants. Des constructions sont représentatives de Buenos Aires sinon des symboles :

la Plaza de Mayo, symbole de l’identité argentine, fait face à la maison rose, le palais présidentiel. Elle  accueille nombre des manifestations politiques et célébrations nationales qui rythment la vie des Argentins. Elle est tracée dès 1580 et aujourd’hui, la Plaza de Mayo est considérée comme la plus importante de toute l’Argentine. Elle doit son nom à la révolution de Mai de 1810 au cours de laquelle la ville de Buenos Aires a déclaré son indépendance, préludant ainsi à la Guerre d’indépendance de l’Argentine. En son centre s’élève la Pyramide de Mayo, un obélisque érigé en 1811 pour commémorer le premier anniversaire de l’indépendance.

Installée dans un jardin au cœur du quartier de La Recollera,  Floralis Genérica est une sculpture métallique en forme de fleur qui suit le soleil. Avec ses six pétales métalliques géants, le monument a une hauteur de 23 mètres pour un poids de 18 tonnes. La sculpture dispose d’une horloge qui contrôle l’ouverture et la fermeture de la fleur. Les pétales de La Floralis Genérica s’ouvrent le matin à 8 heures et se referment en fin de journée au coucher du soleil. Les horaires changent selon la saison.

Principale église catholique de Buenos Aires, la cathédrale métropolitaine de Buenos Aires est consacrée à Notre-Dame de Buenos Aires. De style néoclassique, elle ne possède pas de tours et ressemble plus à un temple grec qu’à une église catholique typique. Le cardinal Jorge Mario Bergoglio, devenu pape sous le nom de François, en fut l’archevêque du 28 février 1998 au 13 mars 2013.

Situé dans la Recoleta, le quartier le plus huppé de Buenos Aires, le Cementerio de la Recoleta est le plus vieux de Buenos Aires et permet de mieux comprendre une époque considérée par certains Porteños comme l’âge d’or de leur ville. Ici reposent les hommes et les femmes qui ont fait la grande et la petite histoire du pays. Pour certains, Evita Perón n’y est pas enterrée car elle n’appartient pas à la classe des argentins dignes d’être ensevelis à la Recoleta. Elle repose pourtant bien ici, dans une tombe piégée, capable dit-on de résister à une frappe nucléaire.

Au cours du XXe siècle les militaires se seront fréquemment immiscés dans les affaires politiques de la ville et du pays et organiseront de nombreux coups d’état. Buenos Aires sera le berceau du péronisme et la Plaza de Mayo le lieu officiel des manifestations et des évènements politiques de la ville et du pays. Dans les années 1970, les affrontements entre les mouvements révolutionnaires (Monteros, ERP et FAR) et des groupes paramilitaires d’extrême droite (Alliance anticommuniste argentine – AAA) se termineront en 1976 par un coup d’état militaire qui ne fera qu’exacerber ces luttes. La sale guerre (guerra sucia en espagnol) fera entre 10 000 et 30 000 disparitions : les marches silencieuses des mères des disparus ( les Mères de la Plaza de Mayo) y resteront et y défileront jusqu’en 1983. La défaite de la guerre des Malouines fait perdre du prestige et de l’influence à la dictature militaire. Les élections libres du 30 octobre 1983 mettent fin à la dictature militaire et renouvellent l’ensemble des acteurs politiques.

Entre 1998 et 2002 Buenos Aires, comme toute l’Argentine, subit une grave crise économique : le chômage, les accès limités aux comptes bancaires… , multiplie les manifestations et le pillage, principalement en banlieue. Les classes ouvrières et moyennes sont principalement touchées et le paroxysme de la crise en décembre 2001 oblige le président argentin Fernando de la Rùa à décréter l’état de siège : mais comme son ministre  de l’économie quelques jours auparavant, il démissionnera le 20 décembre 2001. La crise persistera jusqu’au début de 2003 mais par la suite la santé économique restera précaire.

Elu en novembre 2015, Mauricio Macri succède à la présidence de l’Argentine face à Christina Kirchner. Soutenu par les secteurs libéraux de la société argentine, il était reproché à Christina Kirchner de museler la liberté commerciale et au-delà du projet politique de Mauricio Macri, les faiblesses du Gouvernement Kirchner en matière de sécurité et de lutte contre la corruption et le narcotrafic. A ce jour,  l’Argentine subit une nouvelle crise économique. En récession elle subit un cycle à haut risque de ré-endettement alors qu’elle était l’un des seuls pays au monde qui avait réussi à sortir de la dette.

Buenos Aires a été un des phares de l’Amérique latine. Quand on pense à elle, c’est le tango et la sensualité des couples enlacés : ce tango aux mélodies mélancoliques qui évoquent la tristesse et la dureté de la vie,  ses tangos qui proviennent des quartiers les plus pauvres du port et des bas-fonds. Comme son tango , Buenos Aires vaut bien plus qu’une danse.

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